7. Safechem

Problématique

Les solvants chlorés sont utilisés pour dégraisser les pièces métalliques. Ce type de produits pollue pour des siècles lorsqu’ils se retrouvent perdus dans les eaux et les sols. D’autres procédés existent, généralement moins efficaces et pas toujours moins polluants. Une vague de protestation déferle en Allemagne et des rumeurs d’interdiction de son utilisation apparaissent à la fin des années 90. Le marché est en déconfiture, et les parties prenantes (parti écologistes, ONGs) montrent du doigt ces produits dangereux.

La filiale allemande de Dow Chemicals s’inquiète et cherche une solution.


Solution

Karl Stützle à qui l’on confie le casse tête imagine une appareil étanche dans lequel le solvant n’est qu’un élément de la prestation. L’utilisateur branche sur son bac de nettoyage hermétique le container contenant le solvant propre à l’entrée et un container vide à la sortie. Une fois ce dernier rempli, il le renvoie à Safechem, société nouvellement créée pour cette application au sein du groupe Dow chemicals, qui le recycle.

Safechem facture chaque utilisation d’un volume de solvant.


Résultat

Les solvants chlorés n’apparaissent plus polluants :

- Les quantités produites sont considérablement réduites

- les opérateurs ne sont plus soumis aux vapeurs dégagés

- le client n’a plus à gérer de déchets polluants


Points clés

Dow chemicals, abandonne une activité fondée sur le chiffre d’affaires réalisé sur un consommable et Safechem développe une activité fondée sur une valeur ajoutée réalisée sur un produit durable associé à un service.

Ceci a été possible par l’association d’un bien d’équipement.

Les économies de solvant sont à hauteur de 92%.

La part de marché de Safechem est passée en 5 ans de 6% à 50%


Remarque essentielle :

Le produit utilisé est toujours le même, l’usage est le même ; l’enceinte permettant la protection de l’opérateur n’est en rien une percée technologique.

Il s’agit bien d’une innovation organisationnelle de rupture, sans innovation technologique.

Or, il est bien plus probable et moins coûteux de réussir une innovation organisationnelle qu’une innovation technologique.

C’est l’un des apports majeurs de l’économie de fonctionnalité.